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CONFERENCE 27 novembre 2010

 A l'initiative de la Société d'Études des Hautes-Alpes une conférence a été donnée le 27 novembre dernier au Musée départemental de Gap sur la Cartographie des Hautes-Alpes du xvie siècle à nos jours.
Les conférenciers, Jacques Mille, agrégé de géographie, et André Chatelon, polytechnicien, ingénieur des télécommunications, ont ainsi exposé, en prélude à la publication d'un ouvrage sur le sujet largement illustré, comment s'est améliorée, au fil des siècles, la représentation cartographique des Hautes-Alpes.
Ils ont montré comment, des images frustes et approximatives du xvie siècle, on est passé progressivement à une représentation plus exacte, plus affinée et détaillée sur l'exploitation de photos aériennes puis satellitaires.
Des exposés successifs des conférenciers on peut retenir que la cartographie de notre région s'est d'abord inscrite dans celle, plus générale, du Dauphiné, puis à partir de la Révolution dans celle, plus circonscrite, du département créé à cette occasion. Mais toujours aussi dans le cadre d'une cartographie plus générale, à des fins militaires ou civiles, des Alpes ou de la France entière.
Au fil de leur exposé les conférenciers ont fait découvrir les cartes et plans manuscrits de Jean de Beins (début xvie siècle), puis les travaux des ingénieurs militaires du xviiie siècle (Bourcet et d'Arçon) donnant de nos régions alpines une vision remarquable exactitude et d'une grande beauté. Travaux et cartes restées dans le secret des militaires et donc méconnus, alors qu'à la fin du xviiie siècle était réalisée, imprimée et vendue la première carte à grande échelle de la région, dite de "Cassinni", donnant à un plus large public l'accès à une connaissance détaillée du département.
A partir de la Révolution, tout au long des xixe et xxe siècles, la cartographie et les techniques d'impression n'ayant cessé de faire de grands progrès, les cartes se sont multipliées et sont devenues accessibles à un plus grand nombre, jusqu'à devenir d'usage courant de nos jours.
Cartes produites à des fins diverses, administratives, militaires, touristiques, etc., de plus en plus précises et banalisées, telles les coupures de carte au 100 000ème, dite du "Ministère de l'Intérieur" (fin xixe siècle) ou celles (fin xixe et début xxe siècle) de la carte du Service géographique de l'Armée au 80 000ème, puis, plus proches de nous, celles au 50 000èmeet 20 000ème, reprises et continuées après la seconde guerre mondiale par l'Institut Géographique National (ign), en particulier avec la nouvelle couverture de la France au 25 000èmeque nous connaissons tous.
Les conférenciers ont aussi rappelé la richesse considérable des Archives départementales des Hautes-Alpes en cartes régionales de toutes époques.
Ces cartes constituent une part importante du fonds Guillemin dont le généreux donateur fut au début du siècle dernier un ardent promoteur de l'alpinisme dans notre région.
L'informatisation galopante de notre société a également atteint la cartographie pour aboutir actuellement aux bases de données spot et ign mises en forme sur nos écrans d'ordinateurs par différents prestataires de services. Chacun peut donc, de nos jours, préparer ses prochaines sorties montagnardes ou aériennes au moyen d'images, planes ou en relief, du paysage qui peuvent se dérouler comme un tapis au fur et à mesure de la progression de sa randonnée ou de son voyage.
Enfin si les cartes topographiques se multiplient à l'infini, des cartes d'échelle plus réduite servent encore à illustrer, à des fins didactiques, de magnifiques ouvrages comme le récent Atlas du Parc national des Écrins.

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