Actualités


EMBRUN - 2 avril 2011

 

La prestigieuse cathédrale du XIIIe siècle, érigée en un temps d’apogée de l’Eglise, apparaît à la fin du Moyen Âge, au temps des crises, comme un foyer exemplaire pour évaluer l’héritage médiéval à la veille des grands affrontements religieux de l’époque moderne. Au coeur d’un diocèse où de solides communautés vaudoises, rebelles au nom de l’Evangile seul à la hiérarchie et aux structures romaines s’étaient établies de longue date, elle fut dès l’époque des papes d’Avignon, le lieu d’où des évêques vigilants lancèrent au fil des années une vigoureuse répression. Elle devait culminer lors de la croisade de 1488, sans parvenir à éradiquer partout les racines de la contestation, dont la précoce adhésion à la Réforme de vallées demeurées rebelles prouve la solidité. Mais en même temps, soucieux de répondre aux attentes des fidèles, les mêmes évêques surent entreprendre et développer un effort pastoral conforme à la tradition, dont témoignent tant d’églises neuves que nous admirons aujourd’hui encore, tant de chapelles riches d’une iconographie heureusement conservée, et plus encore le souvenir du grand pèlerinage du Réal, le porche nord de la cathédrale, où la foule en quête du miracle salvateur se pressait  au pied de la Vierge des Trois Rois figurée au tympan. Ainsi le diocèse groupé autour de sa cathédrale présente-t-il une anticipation des deux sensibilités religieuses affrontées du futur : celle des adeptes de la Réformation et celle des tenants de la Réforme catholique.

Retour à la liste