Après quelques incertitudes, les conférences prévues jusqu’à la fin de l’année se dérouleront bien à la salle Le Royal* à Gap (sous réserve de nouvelles consignes sanitaires). La prochaine conférence à laquelle nous vous convions aura lieu le vendredi 18 septembre à 18h. Elle vous est proposée par Christine Roux, professeure de lettres classiques, historienne, administratrice de la Société d’Etudes des Hautes-Alpes, et aura pour thème : la franc-maçonnerie dans les Hautes-Alpes, histoire d’une fraternité laïque, 1775-1944.

Longtemps objet de fantasmes, la franc-maçonnerie est devenue aujourd’hui un objet d‘étude universitaire. Neuf loges ont existé dans les Hautes-Alpes. Au XXIIIe siècle, Briançon fait exception avec trois loges : la Réunion, la Concorde, et une loge féminine, l’Adoption, la seule dans tout le Dauphiné. Dans cette ville, les élites se sont émancipées du pouvoir spirituel de l‘église pour se tourner vers cette nouvelle forme de fraternité, ouverte aux idées des Lumières, qui est la maçonnerie.

La première loge de Gap s’ouvre en 1803, dans une période de vie intellectuelle intense. La loge l‘Amitié rassemble les intellectuels issus des Lumières et de la Révolution, passés au service de l’Empire. Puis, en 1883, s’ouvre celle du Grand Orient de France : les Amis des Hautes-Alpes. Ses membres s’affirment républicains et libres penseurs. Plusieurs élus sont issus de leurs rangs, dont deux députés, deux sénateurs et le maire de Gap Frédéric Euzière. C’est une loge d’instituteurs et d’enseignants, dévoués à la diffusion de l’école laïque.

Le régime de Vichy interdit la maçonnerie et persécute ses membres : les noms des dignitaires sont publiés dans le Journal Officiel et les membres de la fonction publique sont radiés, sauf s’ils renient publiquement leurs convictions. La loge est durement éprouvée : un de ses membres, est déporté et un autre exécuté en 1943 par la milice dans des conditions atroces. Roger Sabatier, d’une loge de Nimes, développe à Gap avec Edmond Pascal les MUR puis devient cadre du maquis : il meurt en déportation.

Par des chemins divers, ces neuf loges haut-alpines, de 1775 à 1944, ont recherché les chemins d’une fraternité totalement laïque.

*Salle Le Royal, rue Pasteur à Gap.

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